En France, une chute sur deux des personnes de plus de 65 ans a lieu à domicile (Santé publique France). Cette donnée, loin d’être anecdotique, illustre combien nos maisons, souvent conçues pour des personnes plus jeunes ou en pleine forme, peuvent devenir de véritables parcours d’obstacles. Retarder une perte d’autonomie passe aussi par l’environnement : un logement bien organisé permet de continuer à s’occuper de soi, d’accueillir ses proches… et tout simplement de rester chez soi, en sécurité et sans dépendance inutile.
Aménager son intérieur, c’est donc préserver sa liberté de circuler : chaque geste facilité, c’est une énergie économisée, un risque de moins, et de la confiance gagnée au quotidien.
Agir sur ces points, c’est déjà diminuer de moitié les risques d’accident. Et souvent, les solutions sont accessibles rapidement, sans gros travaux.
Selon l’ANAH, ces ajustements simples peuvent diminuer de 35% le nombre de chutes à domicile (Guide ANAH).
Un bon éclairage réduit de 60% les risques de trébuchement nocturne (Fondation MAIF).
Il n’est pas toujours simple de prendre du recul chez soi. Consulter une ergothérapeute permet d’obtenir une évaluation fine de chaque pièce, avec des propositions sur-mesure. Depuis 2021, la visite d’un ergothérapeute à domicile dans le cadre du bilan “Bien vieillir chez soi” peut être gratuite (sous conditions) grâce à des dispositifs comme le “Diagnostic Autonomie” (renseignements auprès de la CARSAT).
Les services d’aide à domicile peuvent aussi intervenir ponctuellement pour installer ou déplacer des meubles lourds, sécuriser les branchements électriques, etc. Se tourner vers sa mairie, le CCAS, la caisse de retraite ou les plateformes de répit peut permettre d’obtenir aides financières ou conseils pratiques.
Le logement idéal, c’est celui qui peut être réajusté au fil du temps. Ressentir des difficultés de circulation, d’accès à certains rangements, de fatigue lors de déplacements quotidiens, doit inciter à se questionner… et à agir, sans attendre qu’un incident ne vienne rappeler la nécessité d’un changement.
Selon une étude de la Fondation Médéric Alzheimer (Fondation Médéric Alzheimer), 2 personnes âgées sur 3 ayant adapté leur domicile ont pu rester chez elles trois à cinq ans de plus en moyenne, par rapport à celles n’ayant fait aucun aménagement.
Anticiper, c’est préserver sa qualité de vie et celle de ses proches, tout en restant maître chez soi, et en toute sécurité.
Chaque intérieur raconte une histoire, une manière de vivre et de se déplacer, mais surtout une envie de continuer à faire “chez soi” pour longtemps, et en confiance. Adapter son logement, ce n’est pas céder à la facilité, ni renoncer à ses goûts, mais se donner les moyens de vivre sereinement, aujourd’hui et pour les années à venir.