Tomber ou craindre de tomber, devoir s’agripper aux meubles, caler sa marche sur des pauses fréquentes… Tôt ou tard, la question d’une aide à la marche se pose pour près d’1 personne sur 3 après 65 ans (Santé Publique France). Que cette perte d’assurance à la marche soit progressive ou suite à un accident, il est souvent difficile d’accepter ce besoin. Pourtant, retarder l’utilisation d’un appui ou mal le choisir expose à une double peine : augmentation des chutes et repli sur soi.
Il existe deux grandes familles d’aides à la marche : les cannes et les déambulateurs. Chacune répond à un besoin différent. Pour préserver au mieux sa liberté de mouvement et éviter une perte d’autonomie accélérée, faire le bon choix n’a rien d’anodin.
Si la canne évoque l’image classique du soutien ponctuel, le déambulateur (ou "rollator") impressionne par sa stabilité, souvent perçue comme symbole de dépendance. Mais entre les deux, c’est avant tout la sécurité, l’équilibre et le confort qui guident la décision.
| Critère | Canne | Déambulateur |
|---|---|---|
| Soutien | Léger à modéré, un bras | Elevé, pour les deux bras |
| Liberté de mouvement | Maximale, encombrement faible | Moindre en intérieur étroit |
| Sécurité en cas de trouble de l’équilibre | Limité(e) | Fort(e) |
| Prévention de la chute | Modérée | Très efficace |
| Utilisation sur tous les terrains | Oui, selon le modèle | Plus délicate (trottoirs, obstacles) |
La canne, souvent premier réflexe, concerne surtout les personnes qui présentent :
Selon l’enquête SHARE (Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe, 2020), près de 15% des 65-79 ans en France déclarent utiliser régulièrement une canne ou bâton de marche.
Un ergothérapeute ou un kinésithérapeute peut régler la canne à la taille et montrer la bonne technique, limitant ainsi les risques de blessure ou de sur-sollicitation du poignet et de l’épaule.
Indiqué quand le besoin de soutien devient permanent, pour lutter contre de vrais troubles de l’équilibre ou une grande fatigue, le déambulateur est désormais loin des vieux châssis de fer. On distingue deux familles :
Selon l’Assurance Maladie, environ 500 000 déambulateurs sont prescrits chaque année en France, tous modèles confondus (ameli.fr).
Pour les pathologies comme la maladie de Parkinson ou la polyarthrite, le déambulateur protège des trébuchements soudains.
Le choix ne s’improvise pas : il engage la sécurité et le plaisir de vivre. Voici les points à examiner avec rigueur, de préférence avec un professionnel.
Un mauvais réglage favorise les douleurs, déséquilibres et réduit l’efficacité de l’aide (Société Française de Gériatrie et Gérontologie).
Solliciter une aide à la marche représente parfois un pas difficile. Pourtant, les études montrent que retarder ce choix, ou utiliser un appui non adapté, multiplie par 2 à 3 le risque de chute (étude Inserm, 2021), mais aussi l’anxiété et l’isolement, qui précipitent la perte d’autonomie. La difficulté n’est pas dans le recours à une aide, mais dans son choix et son adaptation.
Un bon équipement, bien réglé, ajusté à la vie réelle, facilite la liberté au lieu de la limiter. Il ne remplace pas une rééducation, ni une adaptation du domicile, mais il peut changer le quotidien dès aujourd’hui.
Des vidéos pratiques existent sur les sites de l’Assurance Maladie et des associations (France Parkinson, France Alzheimer) pour voir les bons gestes.
La canne ou le déambulateur ne sont pas des signes de renoncement, mais des outils pour mieux vivre. Chacun avance à son rythme, en fonction de ses besoins, de ses envies, de ses contraintes réelles. Restez curieux des nouveautés, interrogez votre ressenti, osez réajuster vos choix… Les solutions évoluent, les mentalités aussi.
Et parce que bouger, même avec appui, reste la clé d’un vieillissement épanoui, la question de l’aide à la marche n’exclut jamais la poursuite d’une activité physique adaptée – parfois accompagnée, parfois seule, mais toujours avec bienveillance.
Pour toute hésitation ou conseil personnalisé, n’hésitez pas à impliquer médecin, ergothérapeute ou service local d’aide à l’autonomie. Parce que choisir la bonne aide, c’est choisir la sécurité, mais aussi la liberté, chaque jour.