Personne ne devrait culpabiliser de ressentir une baisse d’énergie, encore moins en vieillissant. Mais, il existe des signes qui, s’ils s’installent, méritent qu’on y prête attention :
Attention aussi aux propos rapportés par les proches, souvent les premiers à remarquer ce glissement : “Depuis quelques semaines, elle n’arrive plus à porter ses sacs toute seule.” / “Il me demande maintenant de faire les courses à sa place alors que ça le dérangeait peu avant.” Ce sont ces petits indices, ces ruptures avec l’”avant”, qui doivent interpeller.
Dans le domaine du vieillissement et de la prévention de la perte d’autonomie, la notion de fragilité a été particulièrement étudiée. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS, 2013), la fragilité est : “un syndrome clinique caractérisé par une diminution des réserves fonctionnelles altérant la résistance aux facteurs de stress” (source : HAS).
La fatigue anormale ressentie après une activité de routine, comme faire les courses, appartient à la liste des critères majeurs de fragilité , aux côtés de la perte de poids involontaire, la faiblesse musculaire, la lenteur ou la baisse d’activité physique (Santé Publique France). Elle n’annonce pas forcément une maladie grave, mais elle peut indiquer que l’organisme peine à s’adapter à un stress, fut-il modéré.
Cette fatigue peut être due à une des causes suivantes (parfois multiples) :
Le repérage de la fragilité est capital pour prévenir une décompensation plus sérieuse. Plusieurs échelles existent, dont le “Groningen Frailty Indicator” ou le “Fried Phenotype”, mais voici ce à quoi il faut être particulièrement attentif lors d’une auto-observation ou d’un échange avec un proche :
Il est utile de tenir un “carnet de fatigue” : y consigner sur plusieurs semaines les activités réalisées, leur durée, la survenue éventuelle de malaises ou chutes, et l’intensité de la fatigue ressentie (sur une échelle de 1 à 10, par exemple).
Face à ce signal, adopter une démarche pragmatique et bienveillante est la clé. Voici quelques étapes concrètes à suivre :
Faire ses courses seul(e) est un acte hautement symbolique d’indépendance, mais il n’est pas le seul signe d’autonomie. La perspective d’une fatigue inaccoutumée ne doit pas être vécue comme un échec personnel mais comme un indicateur précieux pour ajuster le quotidien et solliciter les ressources à disposition.
De nombreuses solutions concrètes existent :
La fatigue surprenante, révélée après des actes quotidiens comme les courses, doit être un levier constructif : l’occasion d’un dialogue sans tabou avec les professionnels de santé, les proches, et parfois avec d’autres personnes âgées rencontrant les mêmes difficultés. C’est aussi une invitation à revisiter ses habitudes, à envisager des adaptations et à s’ouvrir à des aides qui n’enlèvent rien à la liberté, mais protègent de l’isolement ou du renoncement.
Agir tôt, c’est prolonger la qualité de vie, retarder le risque de perte d’autonomie, et avancer plus sereinement dans l’âge. Le respect des rythmes, la vigilance face aux signaux faibles et l’accompagnement global sont autant de garants du droit de chacun à rester maître de son destin, quelles que soient les adaptations à envisager.
Sources :