Les objets connectés font peu à peu leur entrée dans la vie courante des personnes âgées, bien au-delà d’un simple effet de mode. En France, près de 6 millions de personnes ont plus de 75 ans (source INSEE 2023), et leur avenir se dessine avec plus d’années à vivre chez soi, tout en ayant parfois besoin de vigilance accrue sur leur santé. Les dispositifs connectés offrent des solutions discrètes pour surveiller certaines données en temps réel, signaler les anomalies et même rassurer le proche aidant à distance.
Selon un sondage IFOP (2023), 74 % des plus de 65 ans se disent favorables à l’utilisation d’objets connectés si cela peut leur permettre de rester chez eux. Mais entre montre intelligente, pilulier électronique, détecteur de chute connecté ou balance intelligente, difficile de s’y retrouver ! Voyons plus clair, sans tabou ni alarmisme.
Le suivi de santé via des objets connectés se décline à travers plusieurs grandes catégories, ayant chacune leurs atouts. Voici un panorama des outils les plus courants, en précisant leurs usages et limites.
D’après une étude menée par l’AP-HP (2019), 42 % des patients polypathologiques suivent plus assidûment leurs traitements grâce à ces rappels interactifs.
Selon un rapport de la HAS (2021), la surveillance à domicile du poids et de la tension via objets connectés permet de réduire jusqu’à 38 % les hospitalisations imprévues chez les sujets les plus fragiles.
D’après France Alzheimer, 60 % des personnes atteintes du syndrome de désorientation risquent de se perdre au moins une fois à domicile ou à l’extérieur, l’intérêt de la localisation devient donc plus qu’un simple confort, c’est un facteur de maintien à domicile.
Des organismes comme la Fédération Française des Télécoms proposent des guides d’accompagnement sur la cybersécurité et la confidentialité (https://www.fftelecoms.org).
L’accueil réservé à ces outils varie en fonction des histoires, des cultures familiales et du ressenti face au handicap. En 2022, seuls 18 % des plus de 75 ans utilisaient vraiment des objets connectés pour leur santé (source : Baromètre « Santé et numérique », Odoxa, 2022), mais la confiance s’accroît quand l’adoption se fait avec preuve de bénéfice concret.
Notons aussi que l’essentiel des progrès en matière d’accessibilité et de simplicité ne viennent pas tant de la technologie elle-même, mais de la façon dont chacun s’en empare, adapte l’objet à ses besoins réels, et l’intègre à sa vraie vie plutôt qu’à l’idée qu’on s’en fait.
Si les objets connectés peuvent jouer un rôle clé dans le suivi de santé des seniors, ils ne remplaceront jamais ni la chaleur humaine, ni le dialogue avec le professionnel, ni la liberté de choix. L’enjeu majeur des prochaines années sera d’intégrer ces outils intelligemment, au service du projet de vie de chacun, et de veiller à ne jamais transformer la prévention en contrainte.
La réussite de l’introduction de ces objets tient avant tout à leur adaptation fine aux besoins de la personne, choisis en concertation avec elle et son entourage, et évalués régulièrement. Pour chaque avancée technologique, il y a une question de liberté à préserver — et c’est toute la philosophie à défendre quand il s’agit de bien vieillir chez soi.
Pour consulter davantage de ressources, le site solidarites-sante.gouv.fr propose des fiches actualisées sur ces technologies et leurs usages selon les profils d’usagers.